
Une fille l’embrasse. Il a oublié son nom. Tant pis, il sourit quand même. Hier, c’était Sophie, demain, ce sera Louise. Mais aujourd’hui il ne sait plus. De toute façon, ce sont juste des vagins, parfois gros comme des clous, parfois comme des lavabos. L’inconnue l’embrasse à nouveau. Il se laisse faire et garde les yeux ouverts. Il voit son visage pour la première fois. Il ne saurait dire si elle est belle. Il reconnaît juste cette chaleur qui émane de son sexe, chaleur qui traverse le tissu et dit : « défonce-moi ». Il s’exécutera plus tard, par pure politesse. Ensuite il oubliera puis recommencera avec une nouvelle inconnue (à son équation du bonheur ?). Il n’a aucun remord, il rend simplement service, il s’empêche de mourir. C’est un combat qu’il mène contre l’amour. Il pénètre, éjacule humilie. Il est heureux de vivre. Il souille les corps comme on a souillé son cœur. « Viens là que je te baise ma belle ».