Orcaline
L'artisan

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Je t’ai flairé de la pointe des cheveux à l’extrémité des pieds pour y déceler une présence féminine. J’ai mis les mains dans les poches de ton jean moins pour te palper les fesses que pour y découvrir des billets doux. J’ai exploré ta peau, j’ai cherché des cheveux de brunes oubliés par inadvertance.

Ça te fait sourire, cette jalousie complètement inappropriée.

Sur ta bouche il n'y a que le goût de ma langue et dans ton cou, mon odeur de vanille. Sur ta peau, on ne trouve que mes mots écrits pendant ton sommeil et sur ton sexe le jus de notre intimité.

Et si nous inversions les rôles, mon amour ? Si, à ton tour, tu t’appropriais mon corps, si tu jouais à Marco Polo sur ma peau ? Remarquerais-tu les autres hommes qui se cachent au creux de mes mains, à la surface de mes lèvres et dans la masse blonde de mes cheveux ?
Ressentirais-tu cette langue étrangère qui a palpité au fond de ma gorge, le souffle chaud d’un autre sur ma joue, ces mains caressant tendrement mes cuisses, ces doigts enlacés aux miens, cette bouche vorace jetée contre la mienne ?
26.12.08 00:14


Cendres

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Ton absence m'enlace. L'essence de mes sens assoifés. Les sentiments ne sont plus car je n'essaie plus. Cent directions à prendre. Sans guide. Six jours sans te voir. Le coeur qui saigne sous ta bouche. Sang sans nom. Tissu de mensonges. Vipère aspire l'air. Suçon sur ma clavicule. Je suis un os. Son qui grésille. Ton souffle qui s'échappe. Le vent siffle. Des aspérites dans ta chair. Tu me laisses m'assoir sur ton os érigé. La sanguine dessine. Tu décides de mon sort. Tu me fais valser. Je suis de soie. Mon destin qui se fracasse. Les cieux qui se découpent soulèvent les coeurs. La crasse de ton visage s'efface. Les seins des femmes s'écoulent. Tes yeux s'enflamment lorsque tu y penses le soir. Je suis à toi en fille soumise. Laisse-moi. Ma peau sèche est sans saveur. Les garçons sont sans attache. Ils font des sons obscènes. Princesses en souffrance. Petite pétasse a la peau lasse.
Tu es si saoul, si impatient. Tu rouvres les cicatrices exquises.


Silence, l'amour passe.
27.6.08 23:11


April the third

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"Il y a du vent dans tes cheveux".


C'est le ventilateur du salon mais je ne lui fais pas la remarque. Je le laisse parler parce qu'il a la voix rauque, usée par la cigarette. Il a la voix d'un homme qui a vécu, d'un homme qui aurait pu être mon père. D'ailleurs, dans ma tête je l'appelle "papa".
Parfois, il tapote son doigt contre ma tempe et il dit qu'est-ce qu'il se passe dans ton crâne ? Ça me fait sourire. S'il savait, il ferait ses valises et partirait en courant. Peut-être ne prendrait-il même pas le temps de faire ses valises.
Il sortirait de ma vie, sans un regard, sans un mot, sans se retourner.
5.6.08 13:37


II

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Une fille l’embrasse. Il a oublié son nom. Tant pis, il sourit quand même. Hier, c’était Sophie, demain, ce sera Louise. Mais aujourd’hui il ne sait plus. De toute façon, ce sont juste des vagins, parfois gros comme des clous, parfois comme des lavabos. L’inconnue l’embrasse à nouveau. Il se laisse faire et garde les yeux ouverts. Il voit son visage pour la première fois. Il ne saurait dire si elle est belle. Il reconnaît juste cette chaleur qui émane de son sexe, chaleur qui traverse le tissu et dit : « défonce-moi ». Il s’exécutera plus tard, par pure politesse. Ensuite il oubliera puis recommencera avec une nouvelle inconnue (à son équation du bonheur ?). Il n’a aucun remord, il rend simplement service, il s’empêche de mourir. C’est un combat qu’il mène contre l’amour. Il pénètre, éjacule humilie. Il est heureux de vivre. Il souille les corps comme on a souillé son cœur. « Viens là que je te baise ma belle ».
12.5.08 22:23


l'horizon tremble



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silence! Je meurs.

23.4.08 12:58


ô

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Je suis un verre d'eau claire. Je sais où je suis. Le rideau sur la vitre. Tout ce bleu qu'on évite. On es des toutes petites choses. On se cherche encore un abris. Des moineaux tombés du nid. Je sais où tu es. Je sais où on vit. Egarées au coeur de la nuit.

(texte jamais fini, retrouvé dans une boîte. aucun souvenir. pour qui ? de quoi ? je ne sais pas.)
3.3.08 21:34


I

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Il est sept heures, le réveil sonne. C'est un jour usé, millle fois répété qui se lève. Un jour mort-né. Difficile émergence. Réflexion agressive du miroir. Détestable grimace. Place vide à ses côtés. Absence qu'il n'a su combler. Manque. Accouphène dans l'oreille gauche. Il murmure quelque chose. Il essuie l'air de sa main, il ferme les yeux pour oublier mais la même image l'assaille sans cesse. Pensée récurrente. Il connait le trajet par coeur. Cette suite infinie aux mêmes chiffres continuellement répétés. Il a déjà tout fait, il connait les visages, les réactions, les habitudes. Il sait, il fait juste semblant d'être surpris. Il y a la vie qui défile toujours turbulente, toujours morne et grise. Il ne fait que suivre. Il n'a pas toujours été comme ça, il s'est fait happé, dévoré. Son coeur est mort une nuit d'été et le temps à continué de couler dans ses veines pour mieux le détruire.
3.3.08 21:08


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